Elle fait des étincelles (interview)

«A l’aise dans tous les rôles»

Brigitte Hool prend l’opéra-bouffe très au sérieux

CLASSIQUE - Dans le cadre de la saison de l’Opéra de Lausanne, la cantatrice neuchâteloise interprète dès le 26 décembre le rôle-titre de La Périchole d’Offenbach, monté au Métropole par Omar Porras.

Au Métropole, la loge de Brigitte Hool est celle de la prima donna. Pour La Périchole, un opéra-bouffe d’Offenbach, certes, mais quel chemin parcouru depuis ses débuts à l’Opéra de Lausanne, en 2006, dans l’équipe de l’EnVOL! Brigitte Hool faisait cette même année ses débuts à la Scala de Milan (Poussette, dans Manon)…

A Lausanne, elle a tout de suite fait des étincelles dans Le Turc en Italie, elle rayonnait dans le rôle-titre d’Amelia al ballo, puis en baronne dans La vie parisienne. Et – qui ne s’en souvient pas? – la soprano neuchâteloise incarnait cet été à Avenches une Zerlina formidablement impertinente et sensuelle dans Don Giovanni, de Mozart. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Brigitte Hool ne joue pas à la star. La porte de sa loge est toujours ouverte, elle tutoie tout le monde et rien ne la motive plus que de travailler en équipe. C’est d’ailleurs cet esprit de troupe si fort créé par Omar Porras qui l’enchante avant tout. «Je remarque aussi que mon rôle principal me permet de participer plus activement à l’ambiance de répétition. Comme toujours, je m’investis à fond, mais je peux employer mon énergie au service de la production. »

«A l’aise dans tous les rôles»

«Brigitte Hool est une cantatrice à l’aise dans tous les rôles, surtout celui de chanteuse. «C’est assez rare à l’opéra. J’incarne un personnage qui, à la question: «Que faites-vous dans la vie?» répond: «Je chante, c’est mon métier!» Pour moi, c’est une vocation. » La Périchole est en effet une chanteuse de rue de Lima qui, par le hasard d’une intrigue rocambolesque, deviendra dame d’honneur du vice-roi. Dans l’univers onirique d’Omar Porras, elle devient une orchidée! «Omar nous guide vraiment dans un travail d’acteur très exigeant, par amour du théâtre. Mais il a surtout un immense respect du chant. Dans mon Air de la lettre , qui est un moment lyrique, d’amour vrai, il m’a laissé le jeu le plus simple, pour laisser la place au chant. » Elle insiste sur ces instants magiques: «Nous devons d’abord faire rêver le public car nos personnages, dans leurs sentiments, sont sérieux. Le rire, lui, n’est que la conséquence de l’intrigue. Nous avons tous un besoin de noblesse, et le divertissement, au sens le plus émouvant du terme, c’est ce qui nous écarte de la petitesse du quotidien. » 24 Heures, Matthieu Chenal, 15/12/2009